Douleur douloureuse, tu es l'expression de ma peur, d'une perte ou de renonciation à mes illusions. J'y reconnais une évidence: La vie n’est pas comme un certain JE le voudrais ou aurai voulu qu’elle soit.
La Vie EST ce qu'elle est. Pour moi, elle est l'expérience de mouvements qui se manifeste en moi en reflet ou lien ce qui émerge dans tous éléments vivants.
Douleur douloureuse, tu es un cri du cœur de mon corps en manque de reconnaissance, de respect d'harmonie et les conséquences de mes ignorances.
Ce n’est pas le diagnostique qui me rend malade, mais le refus de sentir les souffrances qui accompagnent la maladie
La maladie m'apprend à ne pas me battre pour la vie, mais de la vivre, la sentir. Parfois elle sent mauvais, mais je sais que c'est moi qui lui donne la note.
Apparence "hors norme"
La maladie, mon handicap visible est aussi une image douloureuse.
Sans un mot "on" y reconnaît les difficultés, les renonciations, les chagrins. Mon image étrangère peut intimider. Pour comprendre la peur dans le regard d'autrui sur ma personne, je rencontre les miennes.
Transcender mon apparence et la porter comme "un arrière plan" est ma réponse aux jugements et idées sur ce qui parait étranger. Un moyen de me faire considérée d’abord comme une femme et mon apparence « hors norme » se fait presque oublier.
Je ne me bats pas pour imposer ma présence, mais je me donne la permission de prendre ma place, au risque d'être seule, mais authentique.
Mon image ou handicap peut créer des ponts avec l'extérieur.
Une vraie rencontre est possible non pas malgré ou grâce de mon image,
mais parce que j’y suis.
Douleur douloureuse, tu es certainement née en même temps que moi. Tu t'es exprimée, parfois haut et fort, mais je t'ai repoussée, car ton intrusion m'était trop difficile à supporter. Au fil des ans, tu as développés des forces et des moyens pour te manifester. Encore! Jusqu’à ce que j'ai perdu les miens pour t'éviter.
Pas trop tard, j'ai reconnais ton manège. Tu m'enseignes à faire de l'ordre dans mon désordre intérieur. Pour te comprendre, je dois te sentir. Tu es une visite surprise. En t'observant, je me découvre et apprends à reconnaitre mes réactions. Je te laisse une place, mais garde la mienne. Une fois compris ton cris, je me sens, plus présente. Par ton intervention, tu m'offres une occasion de me rencontrer, d'être ou devenir mon meilleur médecin "juste maintenant".
Dorénavant, quand tu viens au rendez-vous, je m' arrête et résiste d'abord à la tentation d'avaler tout de suite un médicament et me rappel de la meilleure "ordonnace:
"Laisse-toi sentir cela"!
Mais en cas de doute, en urgence et si c'est nécessaire j'appelle un professionnel.
Je me rends compte aujourd'hui à quel point la médecine m'a rendu malade.
En noyant mes douleurs par réflexe dans des médicaments ou des distractions, j'ai privé mon corps d'expression. J'ai ignorer ses réactions et finalement j'ai perdu le contact avec soi pour comprendre ce qui est bon pour moi.
Sensation douloureuse
Tu me proposes des défis:
retrouver les parties manquantes du puzzle que constitue ma personne, fractionnée il y longtemps
M'accepter aussi dans des moments difficiles
Rétablir l'harmonie pour former une collégialité entre mon corps et mon esprit.
Reconnaitre une douleur refoulée peut-être il y a si longtemps pour me rencontrer
Tu me provoques:
pour que je me pose de vraies questions sur toi, la vie, les autres, ce que je suis:
Sensation, qu’est-ce qui te rend si douloureuse ?
Douloureuse, n'es-pas la perte de moi? Ou la retrouvaille avec soi ?
Et si tu ne revenais plus?
Suis-je prête à porter ma santé?
Suis-je prête pour cheminer vers une harmonisation de ma personne?
Est-ce que ma maladie existe ?
Est-ce que ma santé existe ?
Y-a-t-il un monde entre deux?
Ce questionnaire n'est pas terminé!
Constats
Ma douloureuse est la mienne, même si elle ressemble à la tienne, elle contient une partunique: ma souffrance
Retrouver une harmonie, après l’avoir ignorée, est possible après une traversée de mes souffrances et des sensations évitées ou refusées.
Je crois que la douloureuse sert de passerelle entre l'inconcience et ma conscience vers une reconnaissance de ma personne entièrement.
Mes stratégies pour éviter une sensation douloureuse est une invitation à la danse avec une souffrance qui à force de tourner en rond me rend malade
La sensation douloureuse, je la sens, comme une toile de fond, qui cache ma vulnérabilité, fuit par mes stratégies de l'éviter. Y pénétrer est un labyrinthe, difficile, décourageante et je comprends mieux mes préférences pour l’obéissance. Comme un terrain vague, elle paraît être terre nourricière, propice pour laisser surgir mes douleurs physiques.
La douloureuse me rappelle que "ma tête" n'est pas seule maîtresse à bord. En effet, la douleureuse m’aide à reconnaître les réactions de mon corps. Ainsi, je deviens consciente ce qui est bon pour soi - le corps le sais avant moi.
Je ne suis pas ma maladie
Des horreurs et des erreurs médicales ont rendu mon corps invalide. Soit. Mais pour meschagrins, je ne peux rendre responsable celui qui a tenu le bistouri et ceux qui, par leur obstination, m'ont imposé des "traitements pour mon bien".
En buvant un café avec le chirurgien, j'ai lui pardonné pour me libérer d’un lien moral avec lui.
Une colère et de l’incompréhension, contre des attitudes de pouvoir de certains médecins, qui je pense, ont confondu l’échec médical avec limite personnel, m’habitent encore. L’acharnement thérapeutique que certains « blouses blanches » s’exerçaient « pour mon bien » dans certainement le souci primaire de réussir à réparer mon cas pendant mes huit mois d'hospitalisation en 1993, m’ont provoqués des souffrances indescriptibles sur le plan humain et physique.Ces séquelles sont difficiles à digérer, peut-être jamais. Mais j'apprend à les transformer en énergie pour la vie.
Mes oppositions contre certains traitements se heurtaient aux position d'un médecin. Dans l'espoir pouvoir sortir guérie de l'hôpital , j'ai accepté ses comportements.
Le plus difficile pour moi, est de constater le manque d’écoute des médecins, de compassion quand aucun traitement répond.
Contre la « phrase finale » d’un médecin qui a mis un terme à huit mois d’hospitalisation: « vous êtes la maladie, l'handicap est dans votre tête»…..j’ai rebondi intérieurement : "un jour, mon handicap sera "invisible" et je prouverai que je ne suis pas ma maladie".
"Prouver", ce rôle par réaction, était un moyen pour d’abord nager en surface et ne pas complètement me noyer dans la mer de mes désespoirs.
Ce qui au début semblait à un nouveau défi, un contre-courant aux maux et provocations, s'est ensuite transformé en devoir et droit, par choix. L'envie de guérir et de soigner soi-même est né.
Vague de douleur
Ma définition de m'humaniser: C'est un processus, une procession de sensations due au devoir perdre mes identifications, mon personnage conditionné par crainte ou par confort et l'acceuil de l'inconnue, que je suis et mettre coeur-esprit-corps en "collégialité".
Ce « lâcher » est vitale pour trouver mes propres mouvements intérieurs et rester dans le courant de la continuité de l’instant présent. L’exercice permet à ma créativité de se déployer et l’action spontanée de prendre sa place. J'en suis responsable! Faire croître mes capacités pour faire face aux changements incessants de la vie, font grandir le désir d’y Etre encore. L’image de mon physique fait parti de mon paysage.
Les outils comme la persévérance et la discipline sont aujourd’hui à ma disposition. Sous leurs règnes, j’ai réussi à faire ma vie. Avec eux, j'ai la possibilité de l'apprécier.
Les événements ont eu lieu, ma situation EST! Et maintenant, qu'est-ce que j'en fais?
Merci pour chaque regard, mot, miaulement, branche d'arbre, odeur ou toute autre mouvement qui fait appel à ma sensation d'être vivante.
Et si la vie n'était qu’un fleuve tranquille?
Mes plaintes ne peuvent que s’adresser à mes propres incapacités ou possibilités de faire face à ce que la vie me présente. Le sens de ma vie est y être présent, disponible, la respecter, sans forcement être d'accord, en accord avec soi-même.
La gratitude nourri ma joie de vivre et me (rend)force face aux difficultés du quotidien.